Maintenant tu te lèves et te diriges vers le velux de
ta chambre. Te voilà qui rêvasses debout devant ta fenêtre ! A quoi penses-tu ? Je ne sais pas moi ! Je ne suis pas dans ta tête ! Mais comme je te connais assez bien, je peux
te dire que tu dois sûrement t’imaginer un bel amour comme dans les romans à l’eau de rose ! Oui, car tu fais ça souvent, très souvent. Tu restes des heures – presque à prendre racine – à
contempler le paysage ; toujours ce même paysage… Et pourtant, tu n’y vois jamais la même chose, n’est-ce pas ? Ce sont toujours des histoires différentes, mais toujours de folles
histoires d’amour, pleine de rebondissements et de passion, tu pourrais en écrire des romans-fleuves ! Et tu espère le grand amour en te disant qu’il n’existe pas, en tout cas, pas pour toi.
C’est alors que tu te mets à haïr ces grandes histoires d’amour, que te font miroiter les films romantiques et autres tape-à-l’œil de ce genre. Surtout, tu ne comprends pas cette solitude qui te
pèse depuis tout ce temps. C’est vrai ! Avant tu les faisais tous tomber ! A croire que depuis que tu as décidé d’avoir une relation sérieuse – c’est-à-dire d’une durée supérieure à une
semaine – il n’y a plus de candidats ! Et puis avant, les garçons n’osaient pas t’aborder, c’est toi qui avais le contrôle. Mais là… Ce Garçon… Pourquoi Lui ? Tu sais qu’il est
différent, il a cette assurance qui t’attire et te trouble. Tu n’avais encore jamais été confrontée à ce genre de sentiment. Lui… Tu sais, celui qui te fait rougir juste quand il te demande ton
exercice de math ; celui qui te fait trembler quand il prononce ton prénom en te regardant droit dans les yeux (ce qui arrive assez rarement) ; celui qui te ferait sûrement perdre
connaissance s’il te chuchotait un petit compliment à l’oreille. Oui ! Le genre de réaction que tu ne vois que dans tes séries télé préférées ! Et pourtant, cette fois, c’est à toi que
ça arrive. Ça fait un drôle d’effet, n’est-ce pas ? Ça t’agaces, surtout, de ressembler à ces midinettes qui en font des tonnes, sous l’emprise de leur passion et que tu trouves tellement
pathétiques ! Tu t’obstines. Tu refuses de croire que ces sentiments t’appartiennent. Et pourtant, au fond, tu le sais très bien. Pourquoi te mentir à toi-même ? Hum… Je sens tes poings
se serrer. Ton visage rougis. Ton front se plisse. Aurais-je touché un point sensible ? Tu me vois sourire, je le sais. Ça t’énerve, hein ? Mais cela ne nous mène à rien. Alors, une
grande question s’impose à toi : que vas-tu faire maintenant ?...